dimanche 2 septembre 2012

A l’Historial Agnès de Langeac (43), un hommage rendu à un instrument qui mérite d’être réhabilité




Jean-Bernard Lemoine, président de la FFAH, fait découvrir aux Langeadois l'harmonium de la chapelle Mère Agnès, restauré par Gérard Fustier, de l'association Agnès de Langeac. Une belle soirée dédiée à cette instrument méconnu. - David Catherine
Jean-Bernard Lemoine, président de la FFAH, fait découvrir aux Langeadois l'harmonium de la chapelle Mère Agnès, restauré par Gérard Fustier, de l'association Agnès de Langeac. Une belle soirée dédiée à cette instrument méconnu. - David Catherine
L’harmonium, associé à la liturgie chrétienne, est tombé peu à peu en désuétude. Grâce à l’association Agnès de Langeac et la Fédération française des Amis de l’harmonium, cet instrument plein de ressources a retrouvé ses lettres de noblesse, au moins lors de la veillée qui lui était consacrée. Mais ce n’est qu’un début...

Ils ont été nombreux, mardi soir, à se rendre à la chapelle de l'Historial Mère Agnès afin de prendre part à une veillée autour de l'harmonium proposée par l'association Agnès de Langeac et par le président de la Fédération française des Amis de l'harmonium (FFAH), Jean-Bernard Lemoine. Était également présent à cette manifestation Jean-Louis Lionnet, délégué de la FFAH chargé d'inventorier les harmoniums en Auvergne.
Purgatoire
Avant d'interpréter un florilège de morceaux composés à différentes époques pour cet instrument sur l'un des quatre qu'abrite actuellement l'Historial de Langeac (celui reposant dans la chapelle même provient du monastère Sainte-Catherine, en parfait état et datant des alentours de 1870), Jean-Bernard Lemoine dressa l'historique de cet instrument longtemps tombé dans l'oubli. Né au début du XIX e siècle, en même temps que le chemin de fer, et construit à plus de 150.000 exemplaires, il fut à l'origine un instrument de salon prisé par la riche bourgeoisie. Remarqué par les églises à partir de 1850, il deviendra un précieux auxiliaire du culte, les orgues n'étant pas légion. « Énormément d'églises furent construites au XIX e, plus que durant les quatre siècles précédents, souligne le président de la FFAH. De plus, la colonisation a fait que 20.000 harmoniums environ sont partis dans le monde entier, dans les bagages des missionnaires ». La période faste pour l'instrument prend fin dans les années 60 du XX e siècle avec l'avènement de l'orgue électronique.
La période faste prend fin dans les années 60 avec l'avènement de l'orgue électronique
L'harmonium connaît alors le purgatoire. Relégué au fond de l'église dans le meilleur des cas, parfois converti en placard, ses soufflets en peau de mouton font le délice des souris. Étrangement, l'instrument est ignoré des inventaires des biens de l'Église. Ce n'est que récemment que le Ministère de la culture se penche enfin sur son sort et que des amoureux de l'instrument viennent à son secours. « L'harmonium a des anches en laiton et ne se désaccorde jamais, poursuit Jean-Bernard Lemoine. Il possède généralement un clavier, plus rarement deux et même trois. Certains ont un clavier transpositeur pour s'adapter au niveau de voix du curé. A ce jour, 6.000 sont répertoriés en France, mais on estime à 160.000 leur nombre ».
A la fin de l'exposé, les notes émouvantes résonnent dans la chapelle, aux accents d'accordéon, d'harmonica, et même d'orgue de barbarie. On comprend mal alors comment un tel instrument a pu être à ce point méprisé. La FFAH compte sur toutes les bonnes volontés pour extraire une fois pour toutes l'harmonium de son long purgatoire.
Pratique. Contact : FFAH, 2, chemin des Chapelaines, 74 940 Annecy-le-Vieux. Mail : lemoinejb@wanadoo.fr.

Lien : La montagne

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